
Ferme ta gueule et laisse moi parler...
Vous avez pu le remarquer, je ne porte pas vraiment les humoristes français dans mon coeur. Pour la plupart, je n'y vois qu'une grosse bande de ringards qui rentrent dans plusieurs catégories: soit leur humour atteint des hauteurs de ringardise, on pourra citer par exemple Anne Roumanoff, Arthur, ou le Theatre des Deux Ânes dont les titres de spectacles (ainsi que les affiches) n'ont rien à envier aux pires heures du cinéma comique franchouillard des années 70/80 à la Max Pécas, et ceux qui essaient tant bien que mal d'imiter leurs homologues anglophoness soit en singeant le stand up américain, comme la bande du Jamel Comedy Club (attention: malgré les apparences, et mon esprit un peu taquin que vous connaissez tous, n'y voyez aucune espèce d'allusion entre "singeant" et "la bande du jamel comedy club". Merci de votre attention.), soit en pompant carrément leurs vannes mots pour mots. Certains réussissent même l'exploit de faire les deux, mais nous ne citerons personne, afin de ne pas nous fâcher avec Gad E. Humoristes anglophones qui, par ce constat déplorable, ont décidé pour certains - comme Eddie Izzard ou Jerry Seinfeld (non n'insistez pas, je ne parlerai pas de Gad E.), depuis quelques années de venir performer chez nous afin de nous sauver de la noyade de cet océan de merde. Et puis il y a Ary Abbittan, humoriste un peu à part dont l'humour consiste à avoir un accent arabe. Pas de faire des blagues hein, juste de faire l'accent arabe. C'est vrai que c'est drôle l'accent arabe, ils sont rigolos ces étrangers, ils parlent pas comme nous.

"Lililili
Piréeeeee! Ayayaye!"
Et puis suivant ce constat, on m'a souvent posé la question suivante: "mais alors tu dois bien aimer Stéphane Guillon non ?". Et là
c'est le drame. Tel Hulk, je déchire mes vêtements, je fracasse les objets qui passent sous ma main et je cogne des gens. Je deviens ni musclé, ni vert, mais c'est juste un réflexe d'énervement.
Perdu, s'il y'en a bien un que je peux encore moins piffrer que les autres, c'est bien ce gros tas de merde de Guillon. Pourtant tout avait pas trop mal démarré. Son exposition médiatique ayant
explosé chez Stéphane Bern sur Canal (personne ne se souvient de ses passages sur Comédie), il brossait des portraits un peu acides des invités. C'était loin d'être révolutionnaire ou bien "ouf
gueudin", mais pourquoi pas. Mais très vite, tout bascule, des invités se plaignant et surtout une capacité des téléspectateurs à s'indigner pour pas grand
chose, Guillon devient vite l'humoriste "qui dérange", qui y va pas de main morte, qui "hohoho bah dis donc vous y allez fort hein" (à lire avec la voix de Morandini qui convulse de gloussements
parce qu'il vient d'entendre une blague du Théatre des 2 ânes sur la taille de Sarkozy). L'apothéose viendra alors de ses chroniques matinales sur France Inter, avec la fameuse chronique sur
DSK.

A partir de là, plus rien ne va arrêter Guillon sur sa nouvelle stratégie de comm: "attention, c'est moi le rebelle, et si t'es pas d'accord, t'es qu'un Sarkozyste qui veut me faire tomber". Car ce qui a tant fait parler sur cette chronique ou deux trois autres comme celle sur Eric Besson (car concrètement oui, on n'aura retenu que celles-ci), c'est que les personnes visées ont réagi. Mais pas grand monde n'a pensé à se pencher sur le texte d'un vide assez abyssal, où il assenait que DSK était un quetard, souligné par des vannes que Bigard (un pote à lui, comme quoi, il n y a pas de hasard) lui-même n'aurait pas reniées. Et puis vient le drame, il se fait virer de France Inter. Pour lui ça ne fait aucun doute: c'est Sarkozy. L'immonde président que à côté Kim Jong Il c'était un G.O. du Club Med. Il avait pas de preuves, mais c'était Sarkozy. Il s'est pas dit qu'un président en exercice avait autre chose à foutre que de s'occuper d'un chroniqueur radio, mais c'était lui. Un stagiaire d'un employé de la section sonorisation de France Culture lui a dit que c'était chaud pour son grade à l'Elysée, alors c'était lui.
Depuis lors, il n'aura de cesse que de traquer son ennemi juré sur un chemin parsemé d'embûches, brandissant le poing sur son fier destrier, menant
la lutte contre l'infâme censure française dont il fait l'objet, afin de lui transpercer le coeur avec son épée tel Aragorn défiant Sauron (les plus geek d'entre vous me diront que ça n'a rien à
voir car si l'on se fie aux pages 457 et 458 du bouquin... Allez chier). Comprenez par là: squatter 90% plateaux télé pour venir chouiner sur son éviction de France Inter, et ce depuis plus de 2
ans. Quête qui n'est pas prête de prendre fin, puisqu'un bouquin sur le même sujet (c'est vous dire s'il l'a pas digéré) n'est même pas encore sorti à ce jour.
D'après Guillon, voilà à quoi ressemble l'agenda de Sarkozy (cliquez pour agrandir)
Voilà précisément ce que je vomis chez lui: sa chouinasserie incessante envers une censure qui n'existe pas (et quand bien même elle existerait,
passe à autre chose mon gars, t'as les moyens psychologiques de t'en remettre je pense...). Outre le fait que 9 blagues sur 10 ne sont absolument pas drôles et prévisibles (il suffit de jeter un
oeil à sa chronique hebdo chez Ardisson, ou pourrait limite sortir un jeu de hasard type loto pour deviner les blagues qu'il va sortir), le fait de se présenter comme un rebelle obligatoire
contre un problème qui n'existe pas anihile toute crédibilité à cette posture. Encore un exemple récent de cette situation avec la suppression d'une affiche pour les dernières de son spectacle ne
cachant pas ses difficile relations avec l'acutel président... Peu importe que la RATP ait expliqué qu'elle n'accepte pas les pubs orientant les choix politiques (règle un peu débile mais bon,
c'est comme ça), peu importe toutes les justifications que la RATP peut apporter, c'est forcément faux, de la censure et de l'infâme propagande Sarkozyste. Le net s'est affolé et est allé même
parlé de soutien (!) à l'humoriste. Une affiche de publicité supprimée, c'est vrai que c'est super dur! On doit difficlement s'en remettre. Créons des comités de soutiens contre les publicités
opprimées c'est dégueulasse. Une réaction d'ailleurs assez surprenante, quand on sait que d'habitude les gens pestent contre la publicité, n'acceptent pas de se faire dicter leurs
comportements... là par contre, censurer une pub devient l'acte le plus horrible à leurs yeux. Mais bon passons, on n'est plus à une contradiction près de l'esprit collectif. Une publicité à la
base destinée à la région Parisienne, destinée donc à la vue de "seulement" quelques millions de paire d'yeux. Mais à cause de l'infâme censure communiste de la Kommandantur de l'Elysée, la
France entière aura vue cette pub (voire même mieux, aura boosté les locations des places), et ce pour pas un rond. Soit Sarkozy adore Guillon en secret, soit c'est la méthode de censure la plus
conne de la terre.

Quitte à en faire des tonnes comme lui, autant y aller franchement hein...
Le pire, c'est qu'il commence à faire des petits, comme par exemple Sofia Aram, sa remplaçante (comme quoi l'infâme dictature Sarkozyste n'est pas prête de gagner la 3ème guerre mondiale avec des
méthodes de répression aussi pourries) qui commence à adopter la même méthode comme on a pu le voir récemment lors de sa récente chronique (là aussi pas terrible et loin d'être si subversive...).
sur Nadine Morano, qu'elle annonçait à coup de grandes mimiques et de grimaces qui nous disaient qu'elle avait pas peur et qu'on allait voir ce qu'on allait voir. Evidemment il y a eu "polémique"
(je vous renvoie à ce que je dis sur la chronique de Guillon sur DSK), et Sofia Aram est venue nous vendre sa rebelle attitude sur les plateaux télés, alors que son humour est aussi inoffensif
qu'un chaton auquel on aurait coupé les griffes (et remplacé par des Dragibus). Mais ne nous méprenons pas, je ne suis ABSOLUMENT PAS CONTRE l'humour sur le pouvoir politique en place (car
j'entends déjà ici des Bretons me traiter de Sarkozyste ou de grand orateur fasciste), l'humour qui bouscule, qui provoque les pensées, etc... Au contraire, c'est quelque chose de sain, et de
vraiment drôle quand c'est bien foutu. Non, le véritable problème ici, ce sont les personnes qui incarnent cette catégorie d'humour en France: des gens arrogants, qui pensent que la critique à
leur encontre n'est qu'une soumission au pouvoir (Cf. le passage de Guillon chez Ruquier dont la seule réponse qu'il avait aux critiques était une imitation de Montebourg), exagèrent une
situation qui n'est pas dramatique du tout, ou qui font toute une montagne sur des choses qui sont désormais loin derrière. Et puis surtout, ce ne sont pas des gens très drôles au final, c'est ça
l'essentiel. Le pire, c'est que le niveau de l'humour provoquant en France est tel, ainsi que le seul de tolérance du public, que ces artistes en sont devenus les portes étendards officiels juste
parce qu'ils ont dit un jour que "Lol Sarko il é peti et DSK il bèz tou ceu kil trouv PTDR".
Pour conclure, un petit bonus, un billet de "Guilloto" (cliquez sur l'image pour agrandir), et ainsi tenter votre chance toutes les semaines de gagner l'intégrale d'Alain Soral. Bonne chance à tous!
(Ca commence à se voir que je ne sais quasiment jamais comment finir mes articles, non ?)













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