Lolo la déconne accompagné de son auteur (qui veut garder l'anonymat).
"Alors Kelly Slater, vous avez joué dans Arlette à Malibu ?... Euh! Alerte! Hihihi"
"Ho bah dis donc "Arlette à Malibu", ça fait déjà le buzz sur Internet hein! Héhéhé!"
"Ne manquez pas ce soir, vous allez voir Djokovic dans un karaoké avec une perruque blonde sur la tête, Huhuhu!"
Ces phrases, ce n'est pas Arthur qui les as sorties lors de l'enregistrement du jeu des boîtes sur des candidats au bout du rouleau sur le point de gagner un coton
tige, mais je les ai entendues lors de la retransmission de Roland Garros sur France Télévisions. Ha ça, au service des sports de France Télévisions, on est pas les derniers pour la déconne. Ca
carbure au mégalol. Je l'avoue, le sport, ça ne m'intéresse pas plus que ça. Limite ça m'emmerde. J'aime tout ce qui gravite autour, suivre les scores, les évolutions de championnat... Mais les
matchs en eux mêmes m'emmerdent profondément. Maintenant que tu as eu droit à ce passionant pan de ma vie, je vais t'expliquer pourquoi j'ai décider de te parler soudainement du service des
sports de France TV, et de sa figure de proue, j'ai nommé Laurent "Seigneur" Luyat, le journaliste sportif au charisme aussi incroyable que son pif est gros.
J'ai eu l'occasion ces deux dernières semaines de découvrir en détails le dispositif de retransmission de Roland Garros sur les chaînes du service public (pourquoi,
comment... Je pense que tu n'en as rien à foutre), et le moins que l'on puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçu. Ha ça non alors. A l'heure où l'humour français de qualité manque à la télé,
il retrouve une seconde jeunesse grace aux retransmissions sportives de France Télévisions. Déjà par la profusion d'idées géniales pour intéresser le féru de sport. En fait, c'est à l'image de la
périlleuse mission du service public: donner des programmes intéressants et instructifs, sans pour autant mettre de côté le divertissement, la gaudriole, et la fête à neuneu. En résumé, un gros
bordel. Et bien le sport sur France TV, c'est pareil. On a le côté "évènement sportif" classique, avec la retransmission des matchs, à la réalisation plus ou moins glorieuse (notamment grâce au
talent du génial Fred Godard, et sa caméra folle), et les interviews des joueurs en première mondiale avec
l'inoxydable Nelson Monfort qui s'accroche aux cuisses des tennismen comme une moule aux rochers. Et puis il y a les à-côtés, les "petits plus" France Télévisions, parsemées d'idées venues d'une
autre planète, pour la partie "divertissement". Je ne vois pas d'autre explication. Ainsi, par exemple, si vous n'avez pas compris la phrase sur le karaoké en début d'article, ils ont eu cette
idée fantastique de demander aux joueurs de Roland Garros de venir faire du karaoké. Voilà. C'est à dire que les mecs passent des heures sur des matchs épuisants en plein cagnard, on s'attend à
ce qu'on leur demande leurs sentiments, leurs attentes, de l'analyse sur leur jeu. Non, il y a un technicien de France Télévision qui vient leur demander d'enfiler une perruque blonde et d'aller
jouer de la guitare avec leur raquette dans un placard. Je suis des fois frustré de ne pas être dans des salles de réunion quand ce genre d'idées géniales naissent. Tout comme cette idée de faire
présenter l'émission de tennis quotidienne par Cyril Hanouna, dont la capacité à squatter tout et n'importe quoi à la télé avec la plus grande incohérence reste un grand mystère.
On passera sur des petites particularités comme inviter des gens n'ayant rien à voir avec la compétition entre les matchs. J'aimerai qu'on m'explique par exemple la
présence de Kelly Slater, surfer de son état, sur le plateau, d'autant plus qu'il avouait à demi mots en avoir rien à carrer du tennis (masqué par des habituels, "hum yeah j'eudowe leu tennis,
j'eudowe leu Fwance"). Mais bon, comme inviter n'importe qui dans n'importe quoi devient une habitude un peu partout à la télévision française, on leur passera cette remarque. Non, là où le
service public des sports m'a bluffé, c'est sur leur capacité à passer des heures à l'antenne avec rien. Mais attention, quand je dis rien, je parle pas de matchs peu passionants par exemple.
Non. Quand je dis rien, c'est RIEN. Comme ce fabuleux jour où il a flotté toute la journée, ne laissant la possibilité que de faire débuter les matchs en fin de journée. La logique du cerveau
humain voudrait, dans ces conditions, que l'on passe à autre chose en attendant, et y revenir dès que possible. Mais comme sur France Télévisions la logique est un peu hors de portée du commun
des mortels, c'est tout le contraire. A pas peur! On tient l'antenne toute la journée, même si on a rien à dire, rien à montrer. A l'heure où l'on réfléchit à des concepts de télé réalité pour
regarder des Q.I de mollusque végéter dans des canapés à moitié à poil, il suffit simplement d'engager une bande de journalistes sportifs un jour de pluie.
Et c'est parti pour la course au comblage et à la grosse rigolade. Plus les heures passent, et plus l'angoisse se lit sur leurs visages, plus les paroles nous
semblent se répéter, plus la frontière vers la dégénéréscence et la folie se rapproche. Quand on a bien répéte 18 fois que la pluie va bientôt cesser et les matchs du jour, rediffuser 47 fois les
interviews de Nelson Montfort, nos amis journalistes s'essayent à des freestyles et tentent le sans filet, histoire d'apporter du frais au téléspectateur. C'est ainsi que, dans un élan de folie
et d'épuisement, Laurent Luyat a eu envie de demander à Tatiana Golovin (qui devait être bien contente de devenir journaliste sportif) combien d'habitant comportait la capitale de la Lettonie.
Question "tennistique" (terme employé par ces dits consultants) très pertinente qui n'a trouvé qu'un écho en guise de réponse. Mais alors que le nervous breakdown les gagne, un miracle se
produit. "NOUS AVONS DE NOUVELLES IMAGES!" s'écrit alors Lolo-Gros-Tarrain avec des trémolos dans la voix, tout fier d'apporter aux spectateurs s'apprêtant à zapper du contenu à se mettre sous la
dent, tel Moïse écartant les eaux. L'une des habitudes de Roland Garros sur France Télé, c'est de montrer des images des coulisses de la compétition, des sportifs dans leurs vestiaires, en proie
avec leur angoisses. Lolo nous livre alors ces images, tout content, comme l'enfant apportant son collier de nouilles à sa mère. On y voit je ne sais plus quel joueur, assis sur un banc,
visiblement épuisé et concentré, avoir une discussion avec ce qui semblait être son coach. Mais la caméra était tellement éloignée que la conversation n'en était pas franchement audible. Retour
plateau, alors que Lolo espère que tout le monde ne se soit pas aperçu de la supercherie, Amélie Mauresmo, nouvelle commentatrice attitrée des matchs de tennis, coincée dans sa cabine, ne peut
s'empêcher de lâcher un "Ha ouais, vachement intéressant!". Notre ami Lolo s'était déjà alors emparé d'un tabouret et d'une corde.
Ces quinze jours furent quand même un véritable mystère, où je me suis demandé comment le sport pouvait être représenté de la sorte sur les chaînes du service
public. Entre des vannes de l'almanach Vermot, des sketchs au concept venu tout droit des heures de gloire du Collaro Show des années 80, des coupures de pubs à foison (au nombre de 468 par après
midi), des questions du type "alors pas trop déçu d'avoir perdu ?", je me mets à la place des fanas de sport qui doivent VRAIMENT être passionnés pour se farcir tout cela. J'ai donc
effectué des recherches pour expliquer tout cela, un peu comme les scientifiques enquêtent sur les OVNIS et les phénomènes paranormaux. Et plus particulièrement sur Laurent Luyat, ma nouvelle
idole. Et au détour d'une page mal fâmée sur Dailymotion, je suis tombé sur ceci:
Tout s'explique. Je crois qu'il n'y a rien de plus à ajouter.
Cet article vous est offert par l'association des auteurs de blog qui ne savent pas terminer leurs articles.
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