INTERNET C'EST VRAIMENT BIEN (mais des fois ça fait chier)

Publié le par Guillaume

Salut Internet. Tu vas bien Internet ? Hé. Tu sais quoi ? J'aime bien Internet. Internet c'est tellement bien que je me verserai un seau d'Internet sur la tête. Tu aimes Internet, Internet ? Devine de quoi je vais parler aujourd'hui ? Du Minitel.

HA NON DE INTERNET, tu ne m'écoutais pas, je le savais.

Je vais parler d'Internet et plus précisément des Youtubeurs/beuses. Alors oui, je sais que c'était déjà le sujet de mon précédent article il y a 8 mois – tu vois je suis de plus en plus régulier – et plus particulièrement du sèche linge de Norman. Mais cette fois, on va être un peu sérieux, regarde j'ai mis mes plus belles lunettes pour te parler. S'il y a bien des personnes qui sont prises sous un feu médiatique nourri ces derniers jours, ce sont bien eux. Et plus particulièrement à cause/grâce à l'émergence d'un salon consacré au vidéaste Internet: le VidéoCity Paris by Fanta. Oui « by Fanta » parce que c'est le nom complet. Grâce à cet événement qui a récemment cartonné en région Parisienne (mais qui n'est pas le premier du genre, on pensera au NéoCast à Strasbourg), des médias ainsi que des parents quelque peu déboussolés ont pu se rendre compte de l'hyper popularité de ces (parfois (très) jeunes) vidéastes à base de cris aigus, de séances de dédicaces aux files d'attentes longues comme un human centipede 3, et aux courses poursuites effrenées entre les stars du web, leurs fans, et la sécurité, un peu dépassée par les événements. L'occasion alors de confirmer qu'il faut désormais compter sur eux pour faire rêver les jeunes, et plus seulement les stars du R'n'b, de la télé réalité ou du cinéma.

Ci-dessus, des fans enjoués se prenant en photo dans la chambre de Cyprien au VidéoCity (by Fanta).

Ci-dessus, des fans enjoués se prenant en photo dans la chambre de Cyprien au VidéoCity (by Fanta).

Ce qui n'était alors jusque là qu'une curiosité rigolote pour certains médias traditionnels sont carrément devenus de sérieux concurrents pour ces derniers, et il faudra désormais jouer des coudes pour pouvoir garder une place dans le coeur des ados (oui faut pas se leurrer, le coeur de cible présent à ce salon ne dépassait guère la vingtaine, la moyenne d'âge étant augmentée par des parents au bord du nervous breakdown ). Ces mêmes médias n'avaient toutefois pas attendu un tel événement pour commencer à multiplier les papiers à charge sur ces jeunes vidéastes à la popularité toujours plus grandissante. Cela pouvait revêtir n'importe quel aspect: revenus, pratiques, qualité des vidéos, voire même parfois de mépris complet, mais l'on y reviendra. Justifié ou pas, force est de constater que les journaux de papa et maman ne voyaient pas d'un bon oeil les nouvelles idoles de leurs cheres têtes blondes. Et à tout ce brasier ardent, est arrivé le pompier qui a tenté d'y mettre un terme: le blogueur Korben.

"Alors les enfants, on dit du mal des Youtubeurs ? Yippeeka-yé, I'll be back"

"Alors les enfants, on dit du mal des Youtubeurs ? Yippeeka-yé, I'll be back"

Fatigué de toutes ces railleries, Korben a cru bon déclarer une lettre d'amour enflammée à tous ces « artisans » (!) de l'Internet Français, qui s'en prennent plein la gueule à longueur de temps dans des médias d'une génération qui aurait pu prendre le train Youtube en marche, en heure de pointe (sans sa carte orange 3 zones). On peut comprendre l'origine de ce mécontentement, à savoir un mépris de certaines personnes qui pensent être les meilleurs dans le domaine du divertissement, et s'adressant à eux comme des parents un peu trop coincés. Ce qui est effectivement parfois le cas. Rue89 soulignait récemment le mépris de Laurent Ruquier et ses accolytes pour Natoo, vidéaste populaire s'il en est, qu'il a pris le soin d'inviter dans son émission pour savoir si « elle comptait faire des vidéos toute sa vie ». Traduction: « quand est-ce que tu trouves un vrai métier comme comptable ou boulangère, connasse ». On pensera aussi à cette avalanches d'articles sur « la responsabilité des Youtubeurs » (sic) suite à certaines vidéos de l'hyper populaire vlogueuse beauté EnjoyPhoenix qui a notamment oublié de convertir des degrés Farenheit en degrés Celcius pour une recette de brownies goût crâmé, ou des conseils de masques beautés quelque peu dangereux pour la santé (conseils beauté pourtant relayé quelque temps plus tôt à l'identique sur le site du Figaro ).

 

Là où l'argumentaire de Korben se casse sérieusement la gueule, c'est que tout est parfait chez les Youtubeurs. Oh certes ils ont parfois « déconné » mettant en avant des partenariats douteux, mais c'était pas de leur faute. C'était de la faute aux médias tout vilains qui leur voulaient du mal, les faire plonger dans la drogue et manger leur âme. J'exagère à peine. Bref c'était jamais de leur faute car ils sont JeuUuUnnNEst et CoOonNS et qu'ils SoOoONt VieuUUuux et FooUuUuS-ha non merde j'avais dit que j'arrêtais avec Damien Saez. Bref, qu'ils se sont fait avoir du fait de leur naïveté, ou qu'ils font « des erreurs » tout ça machin. A cela je répond: faut pas déconner.

"Messieurs les médias, vous êtes vraiment pas gentils"

"Messieurs les médias, vous êtes vraiment pas gentils"

Malgré leur jeune âge, certaines de ces jeunes stars du web savent très bien ce qu'elles font. Revenons au cas EnjoyPhoenix et à toute la série d'articles qu'elle a engendré suite à un masque à la cannelle ou des brownies cramés. A peine quelques jours plus tard, deux des plus gros youtubeurs de l'hexagone sortent une vidéo commune, à savoir Norman, le mec qui laisse traîner ses chaussettes dans son salon comme le dernier des dégueulasses, et YOTOULMONDECÉSQUEEZIE. Une vidéo ayant pour thème le jeu Assassin's Creed dont, ho hasard fabuleux, le dernier épisode venait tout juste de débarquer en magasin. Pub déguisée ? Les deux larrons s'en défendent: c'est une vidéo de fan. Une vidéo de fan qui a toutefois nécessité l'aide d'Ubisoft, la maison responsable du jeu. Il s'agit alors bien de matériel promotionnel, et donc de la publicité. Mais pas de souci, c'est une « vidéo de fan ». Une vidéo de fan toutefois reprise sur les écrans géants du même éditeur une semaine plus tard lors du Paris Games Week, le plus gros salon de jeu vidéo français. De fan (qui ne « perd pas son âme ») donc.

 

De cette publicité clairement déguisée, pas un seul article n'a été pondu. Pas un seul plaidoyer pour la responsabilité des Youtubeurs vis à vis de leur jeune public. Pourtant, fournir une pub qui ne dit pas son nom à un public facilement influencable, me semble nettement plus discutable qu'un brownie crâmé. Pratique d'autant plus discutable que les deux lascars savaient très bien ce qu'ils faisaient et ne sont pas sous l'emprise de quelconque « opé acceptée un peu trop vite » ou « d'un network malhonnête ». Et la pratique est courante, comme cette vidéo promotionnelle du « Woop » (collectif) pour le dernier Call of Duty (on apprend seulement que c'est le cas en déroulant le descriptif de la vidéo, ce que probablement 90% des spectateurs ne font pas), ou régulièrement chez Cyprien Gaming, qui en fait même désormais un show régulier au Grand Rex en conseillant le dernier survival horror pour Noël à un parterre de 2500 enfants de 10 à 12 ans et leurs parents qui rampent déjà furtivement vers la sortie en espérant embarquer disrètement leur progéniture qui, de toutes façons, vient déjà d'être rayée de l'héritage.

INTERNET C'EST VRAIMENT BIEN (mais des fois ça fait chier)

Les Youtubeurs veulent faire de la pub ? Soit. Pas de problèmes, les stars « traditionnelles » en font depuis la nuit des temps. Et quand bien même « on voit plus de pub sur Gulli », les parents comme les enfants savent qu'il s'agit de pub, puisqu'elle est clairement annoncée comme telle. Que l'on consid-ère la pub comme une chose bonne ou néfaste, le deal est acquis, clair comme de l'eau de roche: libre aux parents et/ou aux enfants de rester ou non devant l'écran. Quand un enfant clique sur la dernière vidéo de Norman sur Assassins Creed, lui y verra, sans trop de recul, probablement un sketch, là où on essaye de lui vendre insidueusement le jeu. La technique est tout de même plus vicieuse, et on ne peut pas compter que sur le seul argument de la naïveté de ceux qui proposent ce contenu. Cela est même limite insultant de dire au Youtubeur qu'il ne sait pas ce qu'il fait. Et quand bien même, à quoi bon se vanter d'être le renouveau du divertissement, de faire frémir les vieux médias, si c'est pour proposer à ses abonnés de la pub, déguisée ou pas. Pourquoi profiter d'un média dont toutes les facettes n'ont pas été encore exploitées, de faire preuve de créativité, contrairement à une télé rincée jusqu'à l'os, pour faire ce que les médias traditionnels proposent en croyant rester dans la bonne démarche. Engagés dans cette voie, honnêtes ou pas, certains de ces Youtubeurs sont à n'en point douter les futurs Morandini.

 


"Abonne-toi à ma chaîne!"

La télé d'ailleurs, semble être l'autre cheval de bataille du papier de Korben. Un média qu'il considère comme condescendant car se sentant menacé par ces jeunes pleins de fougue. Arrêtons les conneries deux minutes. La télé a depuis bien longtemps compris qu'il fallait compter sur tous ces jeunes visages, et les exemples ne manquent pas. A commencer par Canal+ par exemple, qui, depuis des années, débauche les têtes les plus connues du web à tour de bras pour ses diverses capsules humoristiques. Ces dites capsules sont d'ailleurs aujourd'hui ocupées à bien plus de la moitié par des talents du web, et pas les moins inconnus. La démarche remonte même à très loin, avec notamment l'émission « Les Films faits à la maison » qui mettait régulièrement des collectifs habitués du web de l'époque comme « Une Case en Moins », avec notamment Davy Mourier. La chaîne a ensuite cherché à les débaucher pour les faire atterrir dans le Grand Journal. On sait même qu'elle a tenté de débaucher Cyprien et Norman, sans succès (l'avenir leur donnera raison vu l'énorme four que se sont mangés leurs remplaçants, 10mn à perdre). Le groupe s'est même payé le luxe, il y a quelques années, de racheter le Studio Bagel, l'un des plus gros producteurs de contenu du web français, principal concurrent de Golden Moustache, détenu quant à lui par M6. D'ailleurs, pouvez vous me rappeler par qui était chapeauté le salon Vidéo City (by Fanta) ? Canal et M6. On a beau considérer la télé en retard, elle l'est probablement bien moins qu'on ne l'imagine. Elle cible simplement différemment, sur son antenne et ailleurs. Ce n'est pas pour rien que les deux chaînes sus-citées ont un pôle « jeunes talents » dédié au web. Les deux groupes ont ainsi la main mise sur une bonne partie des producteurs de contenu du web Français, qui deviennent l'équivalent de chaines alternatives, comme une chaine de la TNT. Beaucoup de Youtubeurs ont largement un bras dans la télé, si ce n'est le corps entier. Et si ces derniers continuent à s'y montrer, c'est que c'est la télé qui leur donne à manger. TF1 l'a également bien compris, et a récemment fait d'EnjoyPhoenix la star de son programme vedette « Danse avec les stars ». Quand à Cyprien et Norman, ils font partie de Mixicom, autre réseau récemment racheté par Webédia, grand groupe médiatique en train de bouffer petit à petit un sacré paquet de sites d'info-tainment. Ha tiens d'ailleurs, c'était qui le troisième organisateur du VidéoCity (by Fanta), j'ai du mal à m'en souvenir...

 

Il y a effectivement de la condescendence vis à vis des stars du web de la part des la télé ou d'autres médias traditionnels. Mais ils viennent davantage de acteurs du milieu, de ses soldats, que du système lui même. Des gens comme Laurent Ruquier par exemple, qui tentent de détruire les idoles des ados sur leur propre échaffaud télévisuel, doivent se sentir bien plus menacés par eux que les décisionnaires du milieu télévisuel eux mêmes - qui continuent à se frotter les mains -, car ils jouent dans la même cour du divertissement, et le regard se détourne d'eux peu à peu. Ces gens qui pondent des vidéos à plusieurs millions de vues sur le web menacent son travail. Demain, ils ou elles peuvent prendre sa place dans le coeur des spectateurs, qu'ils soient à la télé ou devant leur tablette, et il le sait. Mais ce n'est effectivement pas en les prenant de haut qu'il s'en sortiront vainqueurs, loin de là.

De même que le seul argument de « télé = mal » et « Internet = bien » est également un peu éventé. Les défenseurs du papier (dont notamment l'auteur de BD Boulet) tombent directement dans les deux extrêmes prétextant que à la télé y'a Cauet (pouet prout caca) et que sur Internet y'a Axolot (hum culture, science, je lis des livres), qui n'a surement pas demandé une telle comparaison, le pauvre. Argumentaire assez naze, car il marche avec tout: les livres c'est nul car il y a BHL et Guillaume Musso. Je pourrais arguer qu'Internet abrite également les quelques 20,000 heures de vidéo d'Alain Soral mais ça serait tomber dans le même travers (même si, reconnaissons-le, on a tous regardé plus de vidéos d'Alain Soral que de Norman, hein, et ça faut le savoir).

 

L'article de Korben se termine sur une note un peu curieuse: où l'on apprend que malgré le feu des critiques, nos copains et copines du web ne présentent pas le moindre signe de burn-out, de fatigue, voire de dépression. Les Youtubeurs seraient donc fait en adamantium, parés à toute critique. Bien sûr que non, et comme toute personnalité publique, ce sont juste pas nos oignons, et ont probablement compris mieux que quiconque que c'était la seule chose à pas étaler sur la place publique. Comme il est souligné, ils jouent désormais dans la même cour que les ex-géants médiatiques, et de ce fait, soumis aux mêmes pressions. EnjoyPhoenix par exemple, même si cela reste très léger et maladroit, a exprimé son ras-le-bol suite au déluge d'articles dûs à sa vidéo sur son masque à la cannelle. Mais il en va de même pour les vidéastes sortant du circuit médiatique, davantage adeptes du Do It Yourself, et roulant pour leur propre bosse, comme par exemple Antoine Daniel, réalisateur de l'émission What The Cut, qui expliquait suite à la sortie de ces deux plus récentes vidéos le besoin de faire une pause après celles-ci, suite aux scuds de sa fanbase lui reprochant de prendre un peu trop son temps entre deux vidéos, là où celles-ci nécessitent des moyens plus restreints qu'un clip pour Assassins Creed par exemple. Et on parle ici d'une chaîne qui culmine à plus de 2 millions d'abonnés, ce qui est considérable, et non d'une chaîne qui se situe dans une moyenne moindre. Par ailleurs, Antoine Daniel avait goûté l'expérience de la télé il y a quelques années dans « Faut pas rater ça », émission censée traiter qutoidiennement du web, mettant justement en lumière divers Youtubeurs (émission qui a fait un bide). Expérience qui lui laissera un goût amer, puisqu'il répète fréquemment dans ses FAQ qu'il ne veut plus y foutre un pied. Fun Fact: « Faut pas rater ça » était produit par... Cauet.


A partir de 8:21

Là où on est d'accord, c'est que, quelque soit le ou la youtubeuse, leur succès n'est pas le fruit du hasard. Que l'on apprécie ou pas, faire des « vidéos pour le web » est un vrai travail, et ne relève plus du délire d'ado dans sa chambre: écriture, montage, tournage... Tout un processus qui nécessite véritablement de se retrousser les manches, que ce soit pour un court métrage ou montrer le dernier blush à la mode. La qualité du résultat ou son appréciation, c'est un autre débat et reste propre à tout un chacun (si je devais déverser ma haine sur certains youtubeurs, j'en aurais encore pour 10 pages). En revanche, là où je diverge un peu, c'est de faire passer cela pour quelque chose d'alternatif,qui ne soit pas surexposé et loin du star system. Le salon VideoCity (by Fanta) a prouvé tout le contraire: le star system, pour certains, on est désormais en plein dedans. Horde de fans, produits dérivés, gardes du corps... Tout y est comme à la télé. S'ils sont peut être resté très sympas, ces gens là ne sont plus tes potes et ont très bien intégrés les rouages médiatiques. Bien ou pas, là n'est pas la question, certains youtubeurs sont désormais des stars comme les autres. Pour l'heure, c'est leur instant de gloire, et il durera certainement. Mais comme Laurent Ruquier, la menace viendra un jour ou l'autre, et le schéma se répètera. A eux de gérer ça plus intelligemment.

Pour finir, et afin que l'on m'évite de me dire que « ouais de toutes façons t'aimes pas les mecs d'Internet », d'abord d'une tu vas te calmer, et de deux c'est même pas vrai car voici quelques chaînes à suivre assidument. Car les chaînes Youtube, ça n'est pas que des sketchs sur le collège joués par des mecs de 25 balais avec des casquettes à l'envers, c'est aussi du contenu recherché, écrit, fouillé, et également drôle, car c'est possible d'être tout ça à la fois. Probablement connaissez vous les lascars dont je vais parler ci-dessous, et dans le cas contraire, je ne peux que vous conseiller de vous y plonger dès à présent. DISCLAIMER (oui je parle un peu anglais (je dois faire cette vanne à chaque fois, non ?): un peu par défaut, il n'y a pas de vidéaste féminine dans cette liste, car je dois avouer que je ne connais pas vraiment de chaîne présentée par des filles qui aient retenu mon attention. Néanmoins, si vous avez des bonnes adresses, je suis preneur. DISCLAIMER 2 (je parle anglais blabla): ne sont traitées ici que des chaînes francophones.

La musique n'est pas forcément un domaine auquel on pense quand on parle de vidéo Youtube, où l'on pense davantage jeux vidéo ou cinéma. Et pourtant quelques uns surnagent dans cette thématique particulièrement isolée, notamment l'américain Anthony Fantano avec « The Needle Drop ». Si ce dernier culmine à quelques 500,000 abonnés sur sa chaîne, J. lui, bombe le torse avec ses 700 et quelques abonnés. Et ça ne le décourage pas, il semble pourtant même s'en battre les steaks. Peu importe sa chaîne est de qualité. S'inspirant de son homologue américain, J. se sert aussi de son talent de YouTubePooper au service de son montage assez surprenant. Mais l'essentiel est qu'il parle musique de qualité, de J.C. Satan à Death Grips, J. évoque tout ce qui peut faire du bien à tes oreilles, et n'hésite pas à parfois prendre son temps, comme dans ce colossal Top albums 2014 d'une heure.

Dès le générique ça annonce la couleur, les vidéos de Damien Duvot sont « Sanbudjé ». Pas de grosse mise en scène, pas d'effets de dingues. Ca n'en rend pas moins ses vidéos passionantes. D'abord axées sur le jeu vidéo (voire le jeu tout court avec ses vidéos sur le jeu de société), la chaîne s'est petit à petit tournée vers le cinéma, avec moult chroniques thématiques, vlog, et ses gros morceaux, les « antres » qui font le parallèle sur les grosses sagas du cinéma et leurs adaptations vidéoludiques. Parsemées de diverses anecdotes passionantes et d'un sens assez fin du montage, Meeea c'est mieux que Wikipedia.

Alors c'est un peu de la triche, car c'est une émission produite par Arte (vous savez, la télévision, bouh caca), il n'en reste pas moins que c'est du contenu 100% Youtube. Présenté un peu rapidement comme le magazine des cultures geek, l'émission ne se limite pas à « lel star warz lé sabreu lazer » et traite plus en profondeur de thèmes comme le transhumanisme, les fan fiction, ou le phénomène 4chan. Bien sûr, les phénomènes des conventions ou des jeux en stream répondent aussi à l'appel et sont loin d'être inintéressants. Tout en images, et mené par le sémillant Rafik Djoumi (ex-Mad Movies), Bits sont les 10 minutes qui sont à ne pas manquer toutes les semaines.

On reste dans la culture avec les Fiches de Lectures de Sacha Béhar et Augustin Shackelpopoulos. Produites par la webradio parisienne Piiaf, où les deux lascars ont officié pour l'hilarante émission "Vos Gueules les mouettes", Augustin et Sacha proposent chaque semaine leur hilarant point de vue critique et acerbe sur les sorties littéraires du mois. Fred Vargas, Amélie Nothomb, Doïstoïevski ou encore Marie Lopez n'échapperont pas à la plume acide des Gault-et-Millau de la littérature, qui nous dévoileront au passage leurs ressentiment plus personnels, voires intimes. Particulier et "décalé" comme le dirait un mauvais communiqué de presse d'une émission de télé, ces fiches de lectures ne sont pas à mettre devant tous les yeux, tant ils cultivent le malaise du spectateur avec un certain plaisir. Sacha et Augustin officient également régulièrement à la Gaité Lyrique pour la non moins malaisante émission DAVA (que je vous recommande également très chaudement).

Du pur cinéma cette fois-ci, avec ce beau gosse de Fossoyeur, et sa rutilante pelle. S'il se perd un peu dans le côté narratif de ses vidéos (on a un peu de mal à voir où il veut en venir avec, cela mériterait une série à part entière afin de ne pas parasiter le reste (ce qui semble être dans ses projets si j'ai bien compris), le bonhomme assure quand il s'agit de parler de pelloche. Ne prenant pas forcément les films les plus faciles d'accès (allez pondre 20 minutes sur Zardoz, on en reparlera) ou ne tombant pas dans le piège des films geek-lol-star-wars-retour-vers-mes-couilles, ses analyses se boivent comme du petit lait, sans oublier d'être drôle, de manière assez subtile. De même que ses vlogs plus classiques, ses après séances, sont très bien travaillées, et montées intelligemment afin de ne pas se retrouver devant du déroulage de sentiments hésitants. Un talent qui n'aura pas échappé à Canal plus (décidément) qui fait désormais régulièrement appel à lui lors du festival de Cannes afin de produire du contenu web tout aussi intéressant.

Si vous avez vécu sur une autre planète ces dernières années, vous ne connaissez alors probablement pas Karim Debbache et sa clique qui a présenté ce qui est, selon moi, le haut du panier en matière de divertissement, à savoir Crossed, qui a officié pendant 1 an sur jeuxvideo point com. Crossed traitait de la filiation entre jeu vidéo et cinéma que ce soit par la thématique ou les adaptations de titres bien connus des gamers. Que ce soit dans l'écriture, l'humour, l'analyse, le montage, l'émission représentait un quasi sans faute, et est souvent cité comme une émission du web qui peut être revue sans lassitude, avec même quelques nouvelles découvertes à la clé. N'ayant pas donné de news depuis plus d'un an, sauf en tant qu'auteur du joueur du grenier, Karim et sa bande viennent de taper un retour fracassant en annoncant leur nouvelle émission, plus généraliste sous le nom de Chroma. Un retour qui a signé l'ouverture d'une campagne de crowdfunding qui a été bouclée en une heure, et qui pourrait taper un objectif de financement de 1000% à sa clotûre. Signe que leur retour était fortement attendu. Et au vu de la bande annonce de l'émission, on peut s'attendre à une qualité équivalente. Monsieur Double toile de protection en plastique, vous êtes un homme bien. (NB: ironie de la chose: Karim Dabbache ne fait pas son retour sur Youtube, mais sur Dailymotion).

Voilà c'est fini, cassez-vous maintenant.

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Samaël H 04/01/2016 20:10

Les vidéos de J, j'adore depuis sa critique de l'album de Koudlam que j'aime à l'absurde. Il est vraiment bien ce petit J.

Carouselambra 12/11/2015 21:57

Ginger force est cool, ça parle des adaptations de bouquins au ciné. ET ces vidéo "un pavé dans la marre" sont exellentes.
Il y a aussi "Je vais ruiner votre enfance" de Komodo qui analysent les animes (surtout les Disney) et qui nous explique la réalité derrière l'histoire.

Il y a aussi "les revues du mondes" qui traite des mystères type la malédiction du Pharaon.

La ringarde qui traite des sujets de société (mais pas que) la dernière vidéo parle du whitewashing.

En fait il y a plein de super chaînes tenues par des filles, il suffit de se renseigner un peu. ^^'

. 12/11/2015 17:24

Il y a les chroniques de Vesper de sympa aussi :)

Louis 12/11/2015 02:54

Comme bonne chaine présentée (principalement) par des filles, il y a le Meufisme. Ca traite surtout de féminisme, avec des sketchs. C'est de bonne qualité, et dans l'ensemble c'est soit drôle, soit intéressant, soit les deux.