Chaîne brouillée

Publié le par Guillaume

Les séparations, c'est toujours douloureux, malgré les noms d'oiseaux qu'on s'envoie dans les derniers jours, ce n'est jamais plaisant pour l'une, comme pour l'autre partie. Pourtant il va falloir se faire une raison: Canal+ et moi c'est fini. Oui je sais, dis comme ça, ça peut paraître bizarre de se séparer d'une chaîne. Pour les uns qui ont fait le même choix depuis longtemps, et pour d'autres pour qui la télé « c'est caca boudin je préfère lire des livres ». J'ai voulu y croire, mais c'est la seule solution, vivre avec quelqu'un qui nous fait vivre un enfer quotidien, la situation n'était plus tenable. J'ai voulu rester pour la soutenir, mais les derniers symptômes de sa maladie, des éruptions de gêne cutanée, m'ont fait lâcher prise.

 

Ca avait commencé il y a 8 ans. Après une période où elle errait sans but après une grave amputation de succès – on avait dû débrancher Nulle Part Ailleurs – à enchaîner des petits boulots qui n'ont jamais marché: Une émission Cinéma avec Philippe Vecchi et Isabelle Giordano, Une émission actu avec Emmanuel Chain, Un sous Nulle Part Ailleurs avec Beigbeider... Que de l'alimentaire qui lui permet de payer le loyer, mais jamais de revivre le faste d'antan. Elle ira même jusqu'à se prostituer – quasi gratuitement, les récoltes étant quasiment nulles, son visage ravagé faisait peur à plus d'un client - en faisant une émission avec Maurad, le faux jeune à caquette de 40 ans qui criait sans cesse « PROCHAIN PILOU ». Et puis un jour de Septembre 2004, elle tente l'opération de la dernière chance: une greffe de Grand Journal sous l'égide de son chirurgien fétiche, présent depuis ses premiers pas à la maternité, Michel Denisot. L'opération mis du temps à prendre -débuts balbutiants, rythme bancal- mais ne fut pas un rejet, malgré quelques symptômes étranges comme des mascottes en 3D moches imitées par Didier Gustin. Elle affichait même des premiers résultats plutôt intéressants et encourageants.

 

Les années passèrent, et la greffe a tenu. Se développant même au fil du temps, comme un bras bionique greffé à Steve Austin pour le faire revenir d'entre les morts. La comparaison est juste, Canal revenait de loin, c'était la Steve Austin de la télé: proche de l'encéphalogramme plat financier, il a fallu tout changer, quitte à ne plus en faire quelque chose d'humain. La santé la regagnait. Mais sous cette apparente bonhommie et cette nouvelle jeunesse, se dessinait quelque chose d'encore plus terrible. Cette greffe n'était qu'un vernis couvrant une nouvelle maladie, qui s'étendait à l'ensemble de la chaîne, la contaminant de plus en plus. Ca a commencé avec des apparitions régulières d'Arianne Massenet sur son visage. Canal tenait debout, mais sortait des propos incohérents, qui faisaient échos à des silences gênés, ne sachant quoi répondre face à de tels propos comme « Eva Longoria, faites moi un Guacamole » ou bien « Harrisson Ford quelle est l'actrice la plus sexy avec qui vous ayez tourné ? », Je mettais ça sur le compte de la drogue, mais je sais que par le passé, elle avait toujours plutôt bien tenu le choc, même dans les plus grosses overdoses.

 

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Plus les années passèrent, plus ça empirait. On a même failli atteindre le drame quand sont apparus de courts symptômes inquiétants, comme des crises d'Atmen Kélif ou des poussées de Max Boublil. Crises qui ont heureusement rapidement disparu, mais d'autres ont été plus difficiles à éliminer comme des phases de bande à Fifi assez coriaces. « Tu me dois 20 dollars » répétait-elle tout le temps, en rigolant toute seule. A côté de ça, elle avait gardé des vieux réflexes comme des phases de Guignols et de Groland, prouvant qu'elle en avait encore dans le ventre. Mais hélas, ces crises précédemment citées affectèrent ces réflexes, et d'année en année, ont fini par les affaiblir, en faisant d'eux aujourd'hui des vieux efforts qui n'ont pu être conservés qu'uniquement sous respirateur. Même chose quand à sa voix, autrefois harmonieuse. Elle savait me fredonner des mélodies de Cypress Hill, Foo Fighters, Arno, Compay Segundo, The Cure... Il lui arrivait même de montrer son sexe en chantant devant une foule médusée, juste pour faire rire! Aujourd'hui, sa voix déraille et annône les pires mélodies possibles, et fait régulièrement des bads trip après avoir trop ingurgité de Justin bieber, One Direction ou de groupes de K-Pop. Aussi harmonieux qu'un chat boîteux marchant sur une lame rouillée. Triste. Une fois encore, elle retrouve parfois ses réflexes, mais plus personne ne l'entend. Et je ne parle même pas de ses plaques de Jamel Comedy Club...

 

La greffe continuait à faire illusion, mais pourtant son comportement devenait de plus en plus instable. Ses crises de Massenet s'aggravaient – je me suis terré de honte quand elle a dit qu'elle rendait hommage à Tim Burton avec des chaussettes. On a pourtant plusieurs fois eu des lueurs d'espoirs, comme l'intervention du Docteur Ardisson. Hélas, lui aussi a été atteint par le mal, enchaînant les phases de Guillonite aigüe, passant par des stades assez accablants d'empathie caricaturale, interviewant des SDF de 25 ans en leur parlant comme s'ils étaient débiles, ou donnant même une tribune à une lycéenne qui s'est fait pirater son compte facebook. Autre espoir en train de s'amenuiser, son symptôme du Petit Journal qui a tenu bon, et lui a donné un vrai second souffle, et qui aujourd'hui souffre par moments de « dénonciationnite », se prenant pour une émission faussement militante, oubliant parfois juste d'être drôle.

 

Ce n'est que cette année que j'ai compris qu'il n'y avait plus rien à faire. Que je ne supporterai plus l'affront qu'elle me fait chaque jour. Etait-ce sa faute ? Je culpabilise en me disant que oui, mais c'est l'effroyable vérité, surtout après qu'elle m'ait ramené à la maison des gens comme Stéphane Bak qui me hurlait des blagues de collégiens aux oreilles. Bon sang, ce fut la pire période de notre relation, j'ai failli encourager nos enfants à lui faire des couilles au poteau au collège. On a failli sauver notre couple lorsqu'elle m'annonçait vouloir faire une cure de désintox à la rentrée, pour se débarasser de ses crises de Massenet. J'étais heureux. Mais c'était pour cacher le retour d'une ancienne addiction: celle de Daphné Burki. Autrefois appréciable, les crises de Massenet ont laissé des traces indélébiles, rendant toutes ses crises aussi gênantes. Ce fut de trop. Nos chemins se sont séparés. J'ai de temps en temps la garde du Petit Journal, mais cela n'a pas été une douleur de n'avoir que la garde alternée. Elle a aujourd'hui refait sa vie avec un autre: Direct 8. Les premiers symptômes ne se sont pas fait attendre, la Hanounalzeihmer a fait surface. Les médecins parlent même de traces de Roselyne Bachelot. Tristesse. Je ne l'ai jamais considérée comme subversive, mais juste amusante et intéressante. Aujourd'hui elle rêve de résidences pavillonaires et de vacances à regarder les bateaux des riches sur la Côte d'Azur. Aujourd'hui j'ai un nouveau plan cul, Arte. Mais elle a tendance à me faire un peu mal au crâne parfois.

Publié dans maviecestdelamerde

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Une amie qui vous veut du bien 04/02/2015 19:46

Bonjour, mais que se passe-t-il ? Ce silence est intolérable ! Dois-je en conclure que Ta Vie, C'est Plus De La Merde ? Tes articles et ton humour corrosifs me manquent ! Même si c'est peut-être fini, et qu'avec le temps, c'est difficile de garder sa colère intacte (du moins ça l'est pour moi), je voulais prendre un moment pour écrire et remercier pour les nombreux fou rires que ce blog a déclenché chez moi. Bonne continuation !

vanupié 17/02/2013 21:03


L'auteur de ce blog dessinait assez bien, maintenant il nous montre qu'il peut presque parfaitement filer une métaphore pendant trois paragraphes. Mais j'avoue ne jamais avoir entendu parler
d'une fille aussi bubonique.


Moi j'ai rompu avec Arte. Je n'ai pas de rancoeur à te parler de mon ex, c'est plutôt plaisant de t'expliquer qui elle est vraiment. Elle nous invite sans cesse à se mettre à son niveau, mais
quand il s'agit de redonner je la trouve très idéologue. Elle aime les hautes choses mais c'est elle qui s'aime avant tout. Elle n'aime pas la remise en cause. Je lui disais allons voir autre
chose que de la musique classique, et elle me répondait oui de quel classique parles-tu ? Finalement elle est comme les autres, elle a peur de l'inconnu alors elle fait sa snob.  Je côtoyais
ses amis les plus proches, l'OTAN, l'UE, le Conseil de l'Europe, la LDH, et bientôt je les vis d'un sale oeil, pas par jalousie, mais parce qu'on sait que ces prêtres-là n'aiment que les bigotes
qui donnent tout au nom d'une idée. Ainsi, tous les efforts que je faisais aboutissaient dans leurs poches à eux. Elle était jolie quand elle nous montrait sa foi les yeux brillants ; je compris
plus tard ce que c'était que l'inquisition à l'heure du dîner.


Franchement, ce sont toutes les mêmes, Arte profite du syndrome "groupe de moches", mais à bien y voir elle est aussi conne que les autres.

divorce pour faute 14/01/2013 14:00


Article très intéressant qui ma fait beaucoup rire. 

Benzer 19/10/2012 22:50


C'est après avoir (récemment) découvert Twitter que j'ai pris conscience de l'ampleur du mal.


Tout l'monde (moi y compris) identifie une espèce de "perte de niveau" depuis 3 ans environ.


On ne reviendra pas sur Ariane Massenet (adorée par l'auteur de MVCDLM). Si on y revient. Chacun ira de son anecdote, personnellement c'est une remise de Ballon d'Or 2006 qui me revient en tête.
Quand elle demande à Fabio Cannavaro (joueur ITALIEN, de l'équipe d'ITALIE, championne du monde) si, comme beaucoup d'hommes chez lui, il a un côté macho qui le caractèrise. Macho. Un terme
espagnol. Pour un italien. Ca finit par " o " donc ça doit être bon. Regard atterré de Denisot, réponse polie de l'intéressé. Le genre de trucs qu'elle a reproduit mille fois.


Même pour " C'est de famille " sur Europe 1, elle fait passer sa soeur Béatrice pour un prix Nobel. Et elle, elle fait du Ariane Massenet.


Joie ! Quand j'ai vu qu'elle n'était plus du Grand Journal. La grosse épine enlevée. Okay il reste Mouloud et ses blagues/interventions pas drôles. En gros l'idée c'était " allons voir un homme
politique, on le tutoie, on dit des choses comme wesh, beu et rap ce sera trop djeunz et cool ". Et la formule répétée jusqu'à la nausée.


Mais se profilait la menace Daphné Burki. Ses expériences capillaires interdites, c'est un peu la Dr. Mengelé de la coiffure, peu importe. Mais elle fait pire que Massenet, dans un style
différent. Outre des interventions d'une platitude extrême (platitude extrême, c'est la classe), c'est secouée de ricanements qu'elle " anime " l'émission. Des " HIN HIN " à chaque phrase d'un de
ses collègues. Une voix de folle hystérique à chaque prise de parole. Le nouveau cancer du Grand Journal.


Quid du grand Michel Denisot ? Toujours stoïque, il donne pourtant de plus en plus l'impression d'être là par automatisme. Et il est le révèlateur de ce qu'est devenu le Grand Journal, un écran à
pubs.


Environ 70 000 coupures pubs en un émission. A peu près. Et Michel (sacré mich mich) de se comporter en cyborg au coeur de métal " tout de suite la météo. tout de suite les guignols. Mais d'abord
la pub ". Il a un agenda à la seconde près (enfin l'émission a) et ça se voit. Aucune minute à perdre.

Y aurait du temps à gagner pourtant. En supprimant les trucs nuls. Daphné Burki. Mouloud. Sophie et Sophie (c'est particulièrement laid).


Tommy Lee Jones était sur le plateau récemment. Il a dû prononcer 3 phrases. Entre les coupures pubs, le trailer du film, la question de Mouloud, Le Grand Journal a reçu un monument du ciné comme
un malpropre. La question super drôle lol je suis un ouf de Mouloud c'était "Comment vont faire les "tapettes" pour gagner contre les "expendables ?". Ce à quoi Lee Jones répond "Je
ne préfère pas donner d'importance à cette question avec une réponse". Voilà. Avoir des vedettes sur le plateau (Kad Merad, Depardieu ou Dany Boon ont leur loge à Canal) c'est une chose,
recevoir des stars c'en est une autre. Et ça demande d'adapter son comportement.


Et le Petit Journal dans tout ça ? Il a perdu son intérêt en passant en format long (enfin presque). Avant, il fallait être accrocheur, " punchy " (oui oui punchy), drôle en 5 minutes.
Aujourd'hui on applique les mêmes recettes en 20. D'où perte de dynamisme. " Tiens, superposons deux discours de l'homme politique X. OOHOHOHOHO CE SONT LES MÊMES TROP TORDANT ". A chaque fois. "
Tiens, X se gratte l'oreille pendant le discours de Y, ca sent le roussi, HOHOHO ".


Bref, je parle mais je regarde le Grand Journal. Enfin disons que j'essaie avant 20h. Après, ma copine prend le relais. Et donc, on reste sur Canal. Youpi.


Alors qu'Arte c'est cool. Arte te donnera toujours l'impression d'être méprisante, hautaine avec toi, téléspectateur. Mais c'est pour ça que tu y reviens, jeune fifou. Tu as l'impression d'avoir
compris les rouages de la macro-économie après 52 minutes intenses ? Arte te recadre avec 2h sur Rudolf Noureev et le ballet.


Mais Arte peut t'aider à regagner ta propre estime. Quand, à 10h du mat' (évidemment je suis chômeur), tu as le choix entre des séries allemandes, 4 télé-achats et des clips de merde ou Arte. Et
un reportage sur des mecs qui font de l'eau de rose en Oman. Et ben tu mates. Et tu accroches. Et ça, c'est cool.

Agamemnon 14/10/2012 23:29

Mouahaha, bien bon tout ça! Merci pour tout :-)