Partager l'article ! Enculé de festivalier: En plein milieu de l'été, la saison des festivals bat son plein. Ces dernières années, les festivals ...
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ASIAN DUB FOUNDATION |
En plein milieu de l'été, la saison des festivals bat son plein. Ces dernières années, les festivals ont fleuri aussi vite que les cratères acnéens sur la peau de la plupart de leur public (poussant la similitude pour certains à exploser en pleine gloire). Petit cours d'Histoire, on se souvient que la folie des festivals a débuté dans les années 60 grâce à ces putains de hippies qui étaient venus partouzer à 50.000 dans la boue. A l'époque, une grosse envie de se rassembler et exprimer leur refus du système consumériste! Hors de question de se laisser envahir par une pléthore de marques et de serviteurs du grand Capital, on vient juste écouter de la musique à plusieurs en faisant passer le oinj, mais avec personne sur la corde à linge, le concept de propreté n'étant jamais parvenu jusque chez les hippies.
Aujourd'hui, un festival, c'est tout l'inverse: il y a bien plus de sponsors sur l'affiche que de noms d'artistes sur le line-up, et la moindre goutte de boue entraîne l'annulation pure et simple du festival, le licenciement des 4897 personnes qui travaillaient dessus, le rayage de la carte du site, sa désinfection, sa reconstruction, pour à nouveau le détruire, et ainsi construire un centre commercial Carrefour. Mais qu'importe cet état d'esprit consumériste, moi perso, j'aime bien les festoches, c'est souvent cool, on vient voir des concerts sympas, et il y a une bonne ambiance. Les stands de sponsors, il suffit de ne pas y aller. Toutefois, si j'apprécie grandement les festivals, il y a toujours un élément perturbateur qui fait toujours me dire que la fête pourrait être encore mieux, je veux bien sûr parler du festivalier. Plutôt paradoxal quand on se rend dans un festival, je vous l'accorde. Si ça ne tenait qu'à moi, je kidnapperai les groupes que j'aime pour les obliger à chanter dans ma cave, uniquement pour moi, indéfiniment jusqu'à ce que mort s'en suive. J'appelerai ça le "Joseph Fritz festival". Mais en attendant la réalisation de ce beau projet, les festivals se déroulent donc en étant obligés d'attirer des dizaines de milliers de tocards, que l'on est obligés de supporter, et dont je m'en vais vous démontrer les 5 points essentiels de leurs nuisances:
1°/ Le festivalier Bulldozer
Les 3/4 des festivaliers se déplacent à plusieurs, mais comme le festivalier est légèrement con, son troupeau n'arrive jamais entier, ni à la même heure. L'heure est donc venue pour lui de dégainer son signe de reconnaissance préféré, le portable et sa main, et de hurler - à cause du son élevé, le festivalier pensant se rendre sans doute au festival du chant d'oiseau de Montargis - sa phrase magique "TÉOULA ? LEVE TA MAIN POUR QUE JE TE VOIE!!!" Evidemment, quand il essaie de repérer cette dite main, il lui est impossible pour lui de la repérer car évidemment, des milliers d'autres congénères font la même chose, soit à cause du concert, ou bien parce que ses collègues procèdent aussi à ce rite de repérage débile. Sur cet échec cuisant, il ne se démonte pas, et lance sa deuxième phrase de ce dialecte qui lui est propre "BONBADIMOUAOUTÉ!". Une fois l'accolyte alcolique (on y reviendra) repéré - après moults répétitions, les oiseaux de Montargis se faisant décidément bruyants -, le festivalier, accompagné par une partie de ses fidèles compagnons, vont donc fendre la foule pour rejoindre sa tribu de rockeurs de néant-dertals. Mais quand je dis fendre, je devrai plutôt dire déchirer, voire écarteler, la troupe du festivalier faisant fi de toute discrétion et de politesse, il fonce dans le tas sans ménagement laissant derrière lui toute une traînée de "Ho! Mais enfin! PUTAIN (ça c'est moi)" qu'il n'aura de toutes façons pas entendu.
2°/ Le festivalier sportif
Autre plaisir du festivalier, s'adonner au sport pendant toute la durée du festival. Et plus particulièrement le sport de lancer. Le festivalier sportif est donc toujours armé d'un gobelet, souvent rempli, et donc par conséquent quelque peu éméché - le festivalier bourré, lui, croupit par terre en train de dormir, et sur lequel on espère qu'un troupeau de festivaliers bulldozer va se casser lamentablement la gueule. Vous voyez donc où je veux en venir, et avez sûrement déjà dû apercevoir ce comportement légèrement incompréhensible - quand on sait le prix d'une boisson sur un festoche - celui de lancer sa bière sur le public, que la tête d'un membre chanceux de cette foule aura le privilège d'accueillir. Auparavant, lancer sa boisson était une tentative désespérée du festivalier d'afficher son désaccord avec la programmation musicale en cours (en d'autres termes: virer le connard qui est sur scène), mais depuis que les lourdes canettes ont été remplacées par des gobelets tout légers, difficile de satisfaire cet acte de rébellion. Du coup, est-ce par tentative désespérée d'atteindre la scène, ou purement par stupidité (perso j'ai ma petite idée), que l'on voit très fréquemment des goblets pleins voler au dessus de la foule ? Dans le cas de la seconde option, ces connards feraient mieux de s'inscrire aux championnats du monde des poids lourdingues pour se faire tripoter par Nelson Montfort dans les vestiaires au lieu de venir nous faire chier en balançant leur Houblon dans la gueule.
3°/ Le festivalier narcissique
Quand un festival se met à gagner du fric, il investit dans une chose bien pratique, des écrans géants, permettant à ceux se trouvant derrière la régie, et ne voulant pas adopter la technique du bulldozer décrite plus haut, de tout de même voir ce qui se passe sur la scène, plutôt que de voir ce qui peut ressembler à un haricot mexicain (lors d'un concert de Brigitte Fontaine, on parlera plutôt alors d'une noix de pécan) gigoter sur scène des 789 mètres de distance où il se trouve. La mauvaise idée, c'est de vouloir filmer les festivaliers pour qu'ils aient leur demi seconde de gloire, et ainsi que l'on puisse admirer leur connerie dans toute leur splendeur une fois la caméra posée sur eux. Le jeune festivalier, va approcher alors son groin à 2 cm de l'objectif en faisant tout un tas de signes avec les doigts dont lui seul connaît l'existence. La jeune festivalière elle, va se mettre à sourire ,bêtement, en se cachant dans ses petits poings pendant que ses copines jeunes festivalieres la fracassent de coup de poings - pour bien lui signifier que c'est elle sur l'écran -, expliquant la hausse significative de violence et de bleus sur les peaux adolescentes durant l'été. Les festivals sont la 3ème cause mondiale de violence chez les jeunes, mais le gouvernement ne fait rien contre. Quand interviendront-ils ? Quand des voitures brulées slameront dans le public ? Bref... Et puis il y a le fameux carton, sur lesquels on inscrit la dernière blague carambar que l'on trouve, une private joke qui n'a alors aucun intérêt puisque personne ne comprendra ou bien des références à un groupe - qui, des fois, n'est même pas programmé - tellement obscure que personne ne la comprendra non plus, donc sans intérêt si ce n'est étaler sa culture dont tout le monde se contrebranle. On passera aussi sur les gens déguisés, pour qui se déguiser se résume à une perruque fluo, des lunettes de soleil et un chapeau rigolo. Tout cela donne donc lieu à un concours de vacuité assez exaspérant, puisque tout cet étalage relevant souvent de la private joke se retrouve grossi 1000 fois à la loupe, et entraîne un irrespect assez gonflant d'une partie du public, qui n'en n'a désormais plus rien à foutre du concert, et guette le passage des caméras afin de pouvoir faire son saut perrileux arrière sur un dé à coudre, comme il l'avait promis à son copain Dédé.
4°/ Le festivalier Breton
Putain mais foutez-nous la paix.
Si un festavlier breton peut facilement se fondre dans la masse avec tout cet étalage d'alcool, lui donnant l'occasion de passer pour n'importe quel quidam, ce dernier ne peut cependant pas s'empêcher de te rappeler à toi, qui n'en n'a rien à foutre, qui est venu voir des concerts, ses origines avinées. Comment ? EN SE TRIMBALLANT AVEC UN PUTAIN DE DRAPEAU BRETON! TOUJOURS! TOUT LE TEMPS! Si encore ce drapeau lui faisait seulement office de vêtement de fortune, ça irait, mais ce connard ne peut à chaque fois s'empêcher de brandir et d'agiter son putain morceau de tissu à tous les concerts, et ce pendant tout le long. En plus de t'empêcher de voir une partie du concert, il t'impose l'info la plus inutile qui soit, à savoir qu'il est un PUTAIN DE BRETON, donnant par la même l'envie d'aller lui casser la gueule uniquement pour cette raison, là où il aurait pû être un festivalier lambda. RAAAAAH MAIS TA GUEULE. REMBALLE TON REGIONALISME A LA NOIX QUI N'INTERESSE QUE TA PROPRE FACE DE BOUFFEUR DE GALETTE. A noter que très souvent le festivalier Breton, par conséquent, cumule toutes les tares évoquées plus haut. Comme il aime bien montrer son drapeau à tout le monde, il traverse la foule de long en large, la bière à la main (normal c'est un breton) , probable qu'il s'adonne également au lancer de bière, et qui plus est, il ne peut s'empêcher de montrer son drapeau aux caméras que tout le monde a déjà vu PUISQUE QU'IL LE BRANDIT CONSTAMMENT ET QU'IL ZIGUE ZAGUE SANS ARRET DANS LA FOULE. A noter que ces dernières années, le drapeau Breton connaît la concurrence du drapeau de la Grande-Bretagne (comme quoi c'est toujours les Bretons qui emmerdent le monde), que tous les teenagers se plaisent à brandir parce que la Grande Bretagne c'est trop cool depuis qu'ils ont vu un épisode de Skins et écouté un album d'Oasis.
5°/ Le festivalier 2.0
Mais en plus de faire chier DANS le festival, le festivalier fait maintenant chier EN DEHORS. Avant, pendant, après, l'avènement des réseaux sociaux dans la communication a entraîné l'apparition des festivaliers casse-couilles qui ont leur avis sur tout. A l'instar des supporters de foot qui pensent être meilleurs sélectionneurs que l'officiel, les festivaliers, eux, pensent être meilleurs programmateurs que les organisateurs. Au départ ça part d'une intention plutôt humaine, souhaiter que tel ou tel groupe vienne dans sa région reculée, que même le commandant Cousteau il y aurait pas amarré le Calypso. Et donc ce dernier le fait savoir sur la page facebook officielle du festival. Soit. Mais déjà rien que cet acte anodin entraîne une déception sur cette même page, déception qui s'adresse aux organisateurs, sous entendant qu'ils ont fait de la merde et qu'ils auraient pu l'écouter quand même. Le palier au-dessus consiste à râler une fois les premiers noms annoncés. Qu'importe qu'il y ait 3 noms sur 40: CA SERA NUL! "Il" le sait d'avance, lui et ses goûts musicaux très sûrs. Il ne viendra pas cette année, le festival étant pour lui tombé très bas! Bon nul doute qu'il changera d'avis lors de la programmation complète ou qu'il persistera malgré les quolibets sachant son erreur, rien n'y change: en un nom, l'expert musical 2.0 sait si le festival sera bien ou pas. Et puis il y a celui qui n'est jamais content: avant l'annonce des premiers noms, aux premiers noms, à la programmation complète, rien n'est bien. le festival est devenu définitivement trop commercial pour lui, malgré les 9000€ de forfaits claqués dans les 10 éditions précédentes qui étaient déjà, de toutes façons, "moins bien qu'avant hein". Ce n'est plus SON festival. Et oui, pour beaucoup, le festival leur appartient: qu'importe s'ils ne travaillent pas dessus, qu'importe s'ils n'investissent pas des centaines de milliers d'euros dedans, qu'importe s'ils ne négocient pas avec les groupes pour les faire venir, c'est LEUR festival, et non celui des organisateurs qui ont sué sang et eau pour le leur offrir, LEUR festival, parce qu'ils dépensent 90€ dans le forfait nom de nom! Qu'importe aussi si un festival n'est bien que si la programmation l'intéresse, il a décidé qu'il irait tous les ans ici, et pas ailleurs, là où il pourrait apprécier les groupes qu'il aime, alors c'est SON festival! On ne soupçonne jamais la richesse des gens à posséder de telles choses.
Que voilà un portrait bien noir que je dresse de tous ces casses-couilles. Après tout, c'est vrai, ils ne sont pas tous comme ça, et ne représentent qu'un infime pourcentage du public. Mais si je parle de tout ça, c'est qu'on a TOUS eu affaire à eux si on a fait un jour fait un festival. Ce sont toujours les moins nombreux qui font chier tout le monde, alors après tout ce n'est que rendre la monnaie de leur pièce. Et même si ça ne changera rien pour les années à venir, ça défoule toujours, auteur, comme lecteur ayant subi tout cela. Sur ce je vous laisse, je vais bouffer un Kouign Amann bien brûlant sur la tête d'un breton, dont le drapeau me servira de serviette. Et je filmerai. pour le fun. Bonne soirée.
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